La machine à rêve

Ce récit court, que je qualifie d’onirico-fantasmo-magico-merveilleux, approximativement, est aussi une proposition sensorielle. Je l’ai écrit quand je vivais dans une ville, comme si j’habitais dans un carcan : alors l’imaginaire a dû se déployer pour casser les murs.

Il a été réalisé artisanalement, chaque livret est unique, relié avec un fil de laine différent.

Il a un prix de vente libre et conscient, conseillé à 5 euros.

Merci à Bérénice pour ses illustrations.

« La machine à rêve possédait aussi cela de particulier qu'elle pouvait, au cours des chevauchements primitifs de la nuit, effacer tous les souvenirs négatifs. Oui : d'un coup de sa patte immense, elle grattait les traces noires du visage inquiet, coulures dégoulinantes des rides de la journée, tracas communs, bêtises circoncises qui tanguent sur les joues, petites, puis grandes, avec mesure. Ces saletés du quotidien, ces chèques impayés, cette honte acquise au regard de l'autre, ce supérieur ouvrant les désirs meurtriers, ces sommes rondes qu'on ne paiera jamais ; ces questions d'avenir, ce flou qui embrume la tête, ce clafoutis infect traînant sous le chauffe-eau, ces cheveux décolorés, cette plume-là qui ne cesse de mordre, ce soupir, cette exhalaison habituelle qui annonce la fin... : ces saletés quotidiennes, la machine les dépoussiérait, l'espace d'une nuit. »

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