routine spirituelle

encore inexploré
ce long corps étendu
las et dur sur le temps
qui se brûlait parfois
aux rêves insipides
des aubes bruyantes.

Tout recommence au jour —

le café puis la douche,
les cils dans le brouillard
la tristesse du lieu
qu’on dit qu’on quittera…

tourbillon cotonneux :
la mousse dans ce corps
qui oublie de vivre
de souffrir et de rire
balloté par les cordes
d’un ciel presque fendu
funambule
qui se pend.
L’esprit ne doute plus
avec ses yeux physiques :
il ne regarde plus, là, en dessous,
l’aile qui s’agite
la patte qui tremble
le soupir qui remue
le souffle qui s’épand
L’esprit reste figé sans un seul mouvement.

encore inexplorée
la peau, elle, se déroule
toute chaude, toute neuve
doux velours pigmenté.
tressaute à chaque instant
larme indisciplinée
enfant nue et sauvage
qui apprend à se connaître
se touche, se lèche, se goûte,
se tord dans tous les sens
cette peau qui enfin
s’éblouit de ce sang
qui s’écoute battre, tambouriner…
et reçoit d’autres mains, d’autres corps, d’autres bouches.
Après un long sommeil
insomniaque, gris, sans pouls,
je veux me réveiller
transpirant par mon sexe,
le nombril suant et les seins tout mouillés
Et commencer à vivre.

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